Après le contre sommet

mercredi 5 novembre 2008
par  FSU 03
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Les vrais combattants

A Vichy se tient le "sommet européen sur l’intégration", rassemblant sous la houlette de M.M. Hortefeux et Sarkozy les ministres de l’immigration de l’Union Européenne, que la France tente de réunir sur une orientation qui peut être résumée ainsi : "immigration choisie" sur des critères seulement économiques liés aux besoins des branches patronales dans les métiers dits en tension, et finissons-en avec le droit au regroupement familial et avec le droit d’asile, et donc fabriquons par dizaines de milliers des sans-papiers sans droits.

Nous étions environ 300-350 participants au contre-sommet tenu dimanche à Cusset, avec réunions-débats et nombreuses discussions, et prés de 4000 manifestants à Vichy hier soir, puis autour de 800 participants au meeting unitaire de Cusset.

Chacun sait qu’il y a eu de sérieux incidents. Ce message est une première réaction à chaud à ce qui s’est passé et s’adresse en particulier à celles et ceux de l’Allier ou de l’Auvergne, qui étaient nombreux dans la manifestation, qui peuvent et doivent garder la tête haute.

De l’Etat ...

Il faudra exiger que toute la lumière soit faite sur la façon dont les engagements préfectoraux et policiers sur le positionnement et le trajet de la manif et des forces de police n’ont pas été respectés, aboutissant à créer délibérement ce qui était censé devoir être évité, à savoir une confrontation directe et longue entre "jeunes qui veulent en découdre" (je vais revenir sur cette notion un peu plus loin) et robocops de l’appareil d’Etat.

Sur la façon dont la manifestation a été bombardée, des toits selon certains, aux grenades lacrymogènes. Sur la façon dont quand des agités mettent le feu à des voitures (dont celle d’une manifestante en pleurs, m’a t’on dit), les CRS basés devant Presles laissent faire et attendent, puis chargent ensuite la masse des manifestants.

Sur qui étaient ces types vus par plusieurs témoins (j’en suis) entre 20h et 21h avenue de Vichy à Cusset, ayant le look et l’uniforme à capuche de nos "casseurs", mais qui étaient regroupés avec des policiers en uniforme ou sortaient de voitures de police, et quel fut leur rôle. Sur les motivations des survols en hélicoptères de l’agglomération et des coups de projecteurs sur les gens massés devant le meeting espace Chambon, alors qu’à côté de ce déploiement matériel et technique les mêmes services de l’Etat n’ont semble-t’il pas été foutus de bloquer la circulation sur l’itinéraire de la manif à son départ ...

Oh que oui, il y aura beaucoup de lumière à faire, et pas question de lâcher le morceau. Le fait est semble-t-il que les forces de l’ordre n’ont pas été dirigées dans un but de maintien de l’ordre public, mais de manipulation-gestion du désordre.

Totos, provocs, bobo ...

S’il est clair que la responsabilité politique générale des incidents tient à ces méthodes et à l’ensemble de la conception d’une telle "conférence ministérielle au sommet", naturellement inséparable de ses buts politiques et humains, au déploiement policier outrancier dont Vichy a été l’objet et à la manière dont il a été utilisé, chacun a pu voir à l’oeuvre des groupes de casseurs, dont les uns nous étaient inconnus et dont quelques autres étaient une partie des jeunes venus parfois de loin à la manifestation. Soyons précis : les casseurs proprement dits, parfois d’un incontestable "professionnalisme", étaient trés peu nombreux, et de quelques dizaines à 150-200 jeunes les suivaient en courant ou en lançant des projectiles selon les moments.

Si le groupe qui est intervenu pour se faire arrêter médiatiquement l’après-midi, costumés en déportés, les "Désobeissants’, a agi totalement en dehors de la manifestation (ce qui était leur droit, qu’on partage ou pas leur méthode), les groupes qui ont cherché le choc avec la police, celle-ci ayant semble-t’il été positionnée de façon à ce que ce choc se produise au plus prés de la manifestation, ont, eux, joué un rôle destructeur faisant de A à Z le jeu de Sarkozy. Ils ont prétendu casser le sommet, c’est en fait le contre-sommet qu’ils ont voulu casser.

Une partie -pas la totalité- des jeunes venus souvent d’assez loin étaient dans une idéologie et un état-d’esprit dans lequel Vichy et Cusset n’étaient rien d’autre que le théâtre d’un combat singulier entre les CRS et eux, les autres manifestants et la population locale étant totalement absents de leur vision du monde ou bien, au mieux des gentils papys et mamys censé leur procurer un peu de gîte et de couvert pendant cette virée sportive, au pire des ennemis comparables à Sarkozy. Ce combat singulier, et stupide car les CRS auront dans ces conditions toujours le dessus, pourrait aussi bien se faire en rase campagne, les habitants et les autres manifestants seraient épargnés.

Soyons clair : si cet état-d’esprit s’appuie sur un sentiment de révolte largement partagé dans la jeunesse, il ne saurait être confondu avec lui. Nous avons eu affaire à un phénomène sectaire, de groupes "autonomes" mal définis (des "totos" selon l’expression en cours dans le milieu étudiant) se prenant pour les seuls vrais anticapitalistes alors que leur mode d’action en franc tireur spectaculaires est typiquement un produit de la société capitaliste et marchande, et se prenant pour des porteurs de liberté contre les partis et syndicats officiels alors que leurs méthodes, notamment celles du groupe qui a tenté d’interdire la tenue du meeting unitaire en déclenchant les alarmes incendies et en criant des slogans contre le PS, sont d’inspiration et de filiation policière et stalinienne.

Qu’on ne leur fasse pas l’honneur de les appeler "libertaire". Quand le mouvement libertaire était un mouvement de masse, en Catalogne et en Andalousie, c’était un mouvement de syndicalistes organisés !
Dans leur extériorité au mouvement réel nos "totos" n’étaient comparables qu’aux ... CRS. Les groupes politiques qui croieraient malin de faire fond sur cette marginalité là ne feraient que le jeu de la provocation. Naturellement il ne s’agit pas de bannir ces quelques jeunes des manifestations mais de leur expliquer sans concession quel rôle on leur fait jouer.

Les vrais combattants.

Le SO a évidemment été complétement débordé. Mais faut-il battre notre coulpe ?
Non. Un SO d’appareils politiques et syndicaux nationaux plus efficace techniquement aurait fini par remplacer les CRS ! Cette situation était donc sans issue dés le départ, et dans ces conditions la seule option, conforme à la composition réelle du SO, essentiellement locale, improvisée et issue de toutes les organisations, était celle résumée par Daniel "nous faisons les gentils".

Il fallait faire le contre-sommet, et la manif, et le meeting.

Et nous l’avons fait. Nous avons réalisé l’unité joyeuse et chamarrée, au coude à coude, des anarchistes et du PS et de tous le syndicats dans la rue, pour les droits démocratiques des étrangers, contre Sarkozy. Les vrais combattants ne sont pas ceux qui, entraînés peut-être par des provocateurs, se sont précipités sur la plus forte et la plus préparée des concentrations de forces policières qui pouvait se trouver en France à ce jour et à cette heure.

Ceux-là sont les combattants de la pétarade, de l’illusion. Les vrais combattants sont ces manifestants qui ont reformé les rangs sous les grenades, qui ont maintenu la manifestation jusqu’au bout, puis le meeting unitaire jusqu’au bout. Ce sont les vychissois et les cussetois, les bourbonnais et les auvergnats, les autres venus de partout, les jeunes et les moins jeunes, les socialistes et les communistes, les syndicalistes et les libertaires, les paysans et les lycéens.

Ce sont Daniel, Michel, Jean-Paul et Mireille et Fred et Francis sans cesse au four et au moulin.
Ce sont les militants de la FSU qui ont tenu la buvette du début à la fin quelle que soit la pesanteur et l’inquiétude ambiante.
C’est le chien d’aveugle de mon camarade Gérard, socialiste à Vichy pris sous les gaz.

Nous sommes les vrais combattants.

Quand il faudra aller à l’affrontement, nous y serons, en masse et dans l’unité. Parce que, nous, nous sommes des millions et que l’avenir peut nous appartenir.


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