C’est pour la jeunesse que nous roulons.

dimanche 25 février 2018
par  FSU 03
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Quelques jours après un petit article sur les statuts et "Action publique 2022", voici quelques considérations sur une raison d’être du syndicalisme, notamment enseignant : l’avenir de la jeunesse.
Demain matin lundi 26 février, des occupations d’écoles vont faire l’actualité, espérons-le, dans l’Allier. Ce n’est plus un secret que de le dire pour Saint-Gérand, La Petite-Marche, Treignat, Paul Fort et Jean Renoir à Montluçon ... Personnels syndiqués et parents, quel est l’enjeu ? L’enjeu, ce sont nos enfants.

Or la jeunesse est une cible de la politique gouvernementale, il n’y a nulle démagogie à le dire.
La réforme du Bac annoncée le 14 février reprend l’essentiel du rapport Mathiot (voila pour la campagne sur le thème "les syndicats de la FSU sèment l’affolement" menée notamment par le nouveau syndicat gouvernemental des lycées, le SNALC !)
Rideau de fumée : là où ce rapport annonçait le remplacement des trois voies du lycée général (S,ES et L) par 9 filières, le ministre annonce un nombre gigantesque de « parcours » possibles par la combinaison de 2 « disciplines de spécialités » sur 11. Mais chacun aura compris que la plupart des combinaisons ne se trouveront pas dans les lycées situés à proximité de chez vous et que quelques unes seulement seront « gagnantes ». Un gradé du ministère déclare :
« Nous estimons qu’il y a entre 5 et 10 doublettes qui sont incontournables et qui seront proposées dans l’ensemble des établissements. »
Le seul recul relatif, dû au SNES-FSU, porte sur la semestrialisation qui n’est plus brutalement affirmée, mais méfiance car les dates d’examens y poussent.
https://www.snes.edu/Des-reponses-precises-et-concretes-a-vos-questions.html

On va vers un "lycée" plate-forme de tri où chaque heure de cours devient un « investissement » dans la compétition de tous contre tous. Le Bac comporterait 60% de sa notation formée par 5 épreuves encore nationales, dont un « oral » de 20 minutes à forte tonalité idéologique, 30% de contrôle continu organisé dans chaque établissement à partir d’une « banque » de sujets ministériels, et 10% venant des bulletins scolaires. Ce serait donc un Bac local, de tel ou tel établissement.
Cette compétition a commencé avec Parcoursup, tri sélectif à l’entrée des universités, en dehors du vote de toute loi.
A titre d’exemple les modalités de STAPS, Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, sont parmi les plus "au point" : des points de "compétences scientifiques", des points de "compétence sportive", des points de "compétences associatives et citoyennes", l’avis du conseil de classe et une lettre de motivation. Soyons clairs : ceci permet absolument n’importe quelle cuisine et ne va pas dans le sens de ce que revendiquent les collègues d’EPS :
http://www.snepfsu.net/vieetab/planAction.php

Simultanément, le gouvernement veut imposer l’apprentissage dans tous les lycées professionnels, le prolonger jusqu’à 30 ans et accentuer l’exploitation. Oui, l’exploitation : " ... [cette réforme] permet à l’apprenti de travailler dans les mêmes conditions que ceux qui travaillent dans l’entreprise parce qu’honnêtement [honnêtement !!!] l’hypothèse selon laquelle l’apprenti boulanger ne peut pas apprendre à commencer à faire le pain parce qu’il n’a pas le droit de commencer à travailler assez tôt, ça n’a pas de sens. " L’auteur de ces propos est M. Philippe, premier ministre.
Le temps de travail des apprentis, pour 30 euros de plus à l’année, pourra être porté à 40 heures dans le bâtiment, le BTP et la boulangerie-pâtisserie. Et plus besoin de saisir les prud’hommes pour rompre les contrats.
La réforme du Bac pro arrive aussi : passage de 80 spécialités à une dizaine de "socles de métiers", apparition de diplômes sans référentiel de formation lancés sur Parcoursup comme le "Diplôme national des métiers d’art et du design" venant concurrencer les BTS d’Arts appliqués et le Diplôme des métiers d’art ...
http://snuep-clermont.ek.la/
Enseignement agricole : http://fr.calameo.com/read/00405421391309d42f307

Résumons : une partie, a priori majoritaire, de la jeunesse, roulera pendant 6 années (trois avant le Bac, trois après) en tachant de passer entre les lignes de la sélection et des Bacs locaux, et une autre partie sera soumise à l’alternance apprentissage-sas d’attente,
Par contre toutes et tous se retrouveraient pour un « service national » de 3 à 6 mois visant à leur enseigner les joies du bénévolat, de l’obéissance et du fait d’être « en marche » !

C’est aussi, c’est d’abord, pour la jeunesse que nous roulons.
Bonne rentrée de février !


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