Entretien avec Valérie Bardet secrétaire départementale du SNUIPP-FSU 03.

dimanche 25 juin 2017
par  FSU 03
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Bonjour Valérie, tu a été élue secrétaire départementale par l’AG du SNUIPP-FSU 03 de ce jeudi 22 juin. Que penses-tu de ce que dit la Montagne, dans son édition de samedi, sur deux pages annoncées par le titre "Les rythmes scolaires menacés dans l’Allier ?"

Oui, me voila secrétaire départementale mais il faut bien dire que c’est dans le cadre d’une équipe et d’un travail collectif sur le département, avec un centre qui cette année sera principalement basé sur Moulins.
Sur les rythmes scolaires, d’abord ce titre est contredit par le détail des articles car 5 communes seulement selon la Montagne se sont à ce jour prononcées pour un retour aux 4 jours : les plus grosses sont Cusset et Commentry, les autres sont Doyet, Chamblet et Teillet-Argenty. Nous verrons dans les prochains jours ce qu’il en est. Mais beaucoup de communes et écoles sont tributaires des transports scolaires donc il n’est pas envisageable de changer les horaires 2 mois avant la rentrée !
L’article montre très bien l’absence d’équité de ce qui se passe mais on oublie d’expliquer comment les choses se sont mises en place.
Au début, on a le décret Darcos, sous Sarkozy, dont l’auteur était Blanquer, l’actuel ministre : suppression des samedis matins, 2 heures de classe en moins afin, soi-disant, d’aider seulement les plus en difficultés, tout en supprimant des centaines de postes dans les Rased (Réseaux d’Aide).
Les enfants ont des heures en moins et du temps "libéré". Le problème social de ce qu’ils peuvent bien devenir quand ils ne sont ni en famille ni à l’école s’aggrave !
Alors, sous Hollande, on a le décret Peillon, complété par un décret Hamon. Pour s’occuper du temps "libre" des enfants, on décrète que l’Etat n’a pas d’obligations et que les communes doivent s’en occuper, et que ceci doit se passer dans les locaux scolaires.
S’ensuit ce que l’on connaît : pour tels ou tels TAP intéressants, beaucoup de discutables et surtout l’inégalité généralisée. Et on s’aperçoit que les enfant sont plus fatigués par ce système que par l’école que l’on accusait jusque là de les épuiser ...
Donc, maintenant, sous Macron, le décret Blanquer, ce n’est pas un retour à ce qui se faisait avant mais c’est la troisième étape. Sous Sarkozy on a supprimé des cours, sous Hollande on a mis sur les communes une mission publique sensible, sous Macron on autorise celle-ci à la mettre en oeuvre ... ou pas !
Cela en sachant que les aides financières de l’Etat vont cesser ...
On est très loin encore une fois de se préoccuper de la fatigue des enfants ou encore de la qualité de leurs apprentissages. La précipitation avec ce dernier décret le montre bien, source d’inéquités nouvelles comme le rapporte très bien l’article

Donc tu t’opposes au décret Blanquer ? Ton syndicat a pourtant voté Pour le 8 juin au Conseil Supérieur de l’Education ?

Mon syndicat a, comme toujours dans ce type de situation, consulté les collègues. Ceux-ci sont plutôt favorables à la semaine de 4 jours, mais sans unanimité. Le Snuipp devait en tenir compte et a de toute façon développé des arguments très critiques, car il n’est pas dupe : c’est de l’organisation de l’inégalité territoriale qu’il est question.
Mais il faut revenir sur le fond. L’essentiel, c’est ce dont les enfants et l’école auraient besoin. Que l’on créé les postes nécessaires :
- aux remplacements comme la FSU l’a demandé à La Ferté Hauterive,
- aux ouvertures comme celles demandées à Louise Michel à Montluçon et à Lurcy-Lévis,
- à la réalisation généralisée de plus de maître que de classes,
- à la reconstitution des réseaux d’aide,
et alors on pourra, sans augmenter le temps de travail des instits et profs d’école, rendre aux enfants les heures supprimées depuis 2008 et mieux répartir leur temps scolaire, qui doit rester leur occupation principale hors vacances. Le tout avec un cadrage national clair. Si l’on faisait cela, il n’y aurait plus de débats infinis sur les 4 jours, les "activités", etc.
Surtout, le service public assurerait plus d’égalité. Alors que la politique suivi aujourd’hui, c’est clairement l’inégalité.
Et ce n’est pas l’annonce médiatique de CP à 12 en REP+ qui y change quelque chose puisqu’elle induit la disparition des Plus de maitres que de classes dans ces mêmes écoles, ainsi que de 2 postes de psychologues scolaires et 1 de maître rééeducateur dans notre département !
Ce sont des postes, et pas des glissements incessants de postes et d’heures à moyens constants détruisant au passage les organisations difficilement mises en place au prix de travail et réflexion par les équipes de professionnels, dont l’investissement est ainsi sans cesse délaissé par ces changements subits au grès des mandatures de tel ou tel.

Un dernier mot sur ce sujet ?

Oui : la Montagne a questionné les parents d’élèves FCPE et PEEP mais pas les syndicats des personnels. Donc je propose qu’on lui envoie cet entretien, manière de titiller pour que nous aussi, on nous questionne !
D’autant que, par delà leurs différences, les responsables de ces deux fédérations de parents s’accorderaient, selon la Montagne, sur ces propos de la responsable PEEP : "Nous sommes plutôt en faveur de l’indépendance des mairies et des écoles pour le rythme scolaire et les TAP car chaque cas est particulier."
Attention à ce que l’on dit, tout de même. Des souplesses doivent être possibles mais l’indépendance des écoles et des mairies sur ces sujets, et bientôt sur d’autres, c’est l’horizon du ministre Blanquer, c’est la fin du service public, c’est l’inégalité, ce n’est pas l’intérêt des enfants.


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