REVOLUTION EN TUNISIE. POUR DES SYNDICALISTES DE L’ENSEIGNEMENT EN FRANCE, EN 2011, CECI A UN SENS.

samedi 15 janvier 2011
par  FSU 03
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Quelques réflexions tunisiennes, 15 janvier 2011.

Révolution en Tunisie. Pour des syndicalistes de l’enseignement en France, en 2011, ceci a un sens.

Les réflexions ci-dessous ont pour fonction de nous donner à réfléchir et du coeur à l’ouvrage. L’histoire a des hauts et des bas et la période est instable. Dés demain, nous allons revenir assidument, dans notre site et dans nos actes, à la lutte contre les suppressions de postes et les fermetures de classes, alors qu’avec le programme "Eclair" étendant le programme "CLAIRE" le ministère montre la couleur du recrutement local des profs et de la dislocation du service public national et laïque. Les mêmes qui font ces contre-réformes étaient les amis de Ben Ali. Sa chute est leur défaite. La victoire est toujours possible, avec la volonté et l’organisation.

* * *

Le mot s’est imposé à tous, les Tunisiens l’ont imposé : révolution !

Ni Dieu, ni César ni tribun : c’est le jeune diplomé chômeur Mohamed Bouazizi de Sidi Bouzid qui, par son suicide, fut l’étincelle de la révolution qui a reconstruit par le bas la nation tunisienne contre l’Etat, contre les exploiteurs et contre les statues de tyrans et de grands chefs !

La révolte de la jeunesse s’est généralisée, les ouvriers et la masse de la population s’y sont mis, la liberté s’est imposée dans la rue au prix des morts et des martyrs. Ben Ali a commencé à reculer, le peuple a compris qu’il fallait maintenant passer à l’action. Depuis le mercredi 12, la consigne avait circulée partout : c’est vendredi, ce sera vendredi le jour de la grève générale et de la grande manifestation à Tunis pour chasser Ben Ali.

La nation s’est concentrée et unie contre le pouvoir exécutif au service du capital et de la corruption. Toute la journée du 14 janvier la manifestation centrale avec une intelligence spontanée et héroïque propre aux révolution, a travaillé à disloquer les forces de répression pour que les armes changent de camp.

Là, ils faisaient face aux nervis du régime leur faisant comprendre que c’est le juste châtiment qui les attend, la détermination de la vengeance populaire.

Ici, ils embrassaient les militaires et certains policiers, les contraignant à leur serrer la main, paralysant leur détermination à obéir aux ordres.

Militaires et policiers ont senti qu’ils avaient le choix entre l’affrontement dans lequel leur propre sécurité physique n’était plus assurée, et le ralliement au peuple.

Les choses en étaient là, alors qu’en fin d’après midi les résidences de la famille Trabulsi (le clan de la femme de Ben Ali) étaient prises d’assaut, quand le premier ministre Ghanouchi, jusque là pratiquement inconnu du peuple et du monde, et des généraux, ont annoncé le "départ" de Ben Ali. De peur que l’assaut populaire ne les emporte tous, ils l’ont fait sortir par la petite porte de derrière.

Au fait, il est allé où, Ben Ali ? Le bruit qui a courru, repris d’abord par Al Jazira, selon lequel c’était à Paris, a certainement un fondement. Nul doute que son ami Sarkozy et ses services ont oeuvré à lui trouver un point de chute, et peut-être même ont ils dû lui expliquer que la France serait un choix dangereux, non seulement pour lui ... mais aussi pour eux !

Alors, Ben Ali est allé en Arabie Saoudite.

Monsieur l’héritier du nationalisme "arabe", Monsieur l’épigone de la génération de Bourguiba, Monsieur le rempart contre l’islamisme, Monsieur le dictateur, certes, mais "progressiste" et "éclairé", dont avait bien besoin ce peuple inculte de jeunes sauvages, d’ouvriers avides, de paysans supersticieux et de cybercriminels en puissance, Monsieur le mur protecteur de l’Occident comme de l’arabité, Monsieur en costume trois pièces, Monsieur le donneur de leçon en développement durable et bonne gouvernance, le voila chez le roi Saoud, au pays du voile obligatoire. Les piliers du vieil ordre se rejoignent. Quel symbole !

On parle d’élections libres, de retour ( ? ) à la démocratie, et de gouvernement d’union nationale.


Des élections libres, bien sûr ! A une assemblée constituante !

Mais qu’est-ce que cela veut dire, une assemblée constituante pleinement, réellement souveraine ?

Qu’est-ce que cela veut dire la démocratie réelle ?

Qu’est-ce que cela veut dire des élections vraiment libres ?

Cela veut dire que le couvre-feu des militaires comme les crimes des bandes armées nocturnes de nervis doivent cesser. Donc qu’on les fasse cesser. Intérim militaire, "gouvernement d’union nationale", terreur nocturne, couvre-feu, supervision de la "transition" par les militaires, sont autant d’obstacles et d’entraves auxquels la révolution qui a commencé va maintenant se heurter.
Dans ce combat, la question se pose de la reconquête du syndicat national UGTT par les travailleurs, le réinscrivant dans la tradition de son fondateur Farhat Hached, assassiné en 1952. L’existence de l’UGTT, de ses structures, a servi au peuple, mais le 14 janvier, jour ou la grève générale et la manifestation centrale ont fait tomber Ben Ali, l’UGTT n’appelait qu’à deux heures de grève dans la matinée et à surtout ne pas manifester ! Voila aussi un aspect des choses qui peut nous interpeller ici ...

En tout cas, la révolution tunisienne vient au bon moment signaler à qui doit appartenir le dernier mot.
Cela, en France comme en Tunisie ...

http://www.dailymotion.com/hub/x10h_tunisie-emeutes-benali-demission#videoId=xgkszr

VP, le 15 janvier


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