S’est réuni aujourd’hui un grand machin, mais FSU et FGR-FP comptaient intervenir..

jeudi 29 mars 2018
par  FSU 03
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S’est réuni aujourd’hui un grand machin : la CDCA (Comité Départemental pour la Citoyenneté et l’Autonomie).
La FSU, qui y est représentée par notre responsable retraitée Jeannine Lavédrine, et la Fédération Générale des Retraités de la Fonction Publique (FGR-FP) qui regroupent plusieurs organisations syndicales de retraités ainsi que des adhérents directs, représentée par Gérard Hatab, comptaient intervenir en commun sur le Plan Régional de Santé. Intervention qui n’était pas dans le cadre du machin : qu’à cela ne tiennent, ils l’ont envoyée aux zautorités et nous la publions.
La défense des services publics et des départements, ici comme à propos de la carte scolaire, est bien illustrée par cette intervention :

Projet Régional de Santé Auvergne-Rhône Alpes
Avis de la FSU 03 et de la FGR 03

S’il est intéressant de pouvoir consulter ce document et de pouvoir donner notre avis lors de la plénière du 29 mars 2018, il est très regrettable que ce document volumineux n’ait été fourni qu’en version numérique. Outre qu’elle est particulièrement inconfortable et fastidieuse, sa consultation à l’écran est bien mal adaptée à l’annotation et peu propice au travail collectif.
Pour notre part, nous ne nous sommes attachés qu’aux éléments concernant les « personnes âgées ».

Un éternel recommencement
Nos expériences passées du CODERPA, du Conseil Territorial de santé, des tables tactiques, de l’élaboration du premier Schéma des solidarités, etc. nous donnent le recul nécessaire sur ces problématiques ; force est de constater que la plupart des questions évoquées ici ont déjà été discutées et rediscutées depuis des années (et que des propositions avaient été faites et refaites) …
Et voilà qu’elles sont à nouveau présentées dans le document comme étant encore des objectifs : dossier médical partagé, parcours de soins, coordination entre les intervenants, sortie d’hôpital, aménagement du domicile, etc....
Tout se passe comme si la sempiternelle répétition du discours des intentions devait se substituer à la définition des moyens et les modalités l’action pour produire des résultats.

Qui pourrait contester tant de projets louables soulignant l’importance de la prévention, de l’information, de l’aide aux aidants, etc. ? Mais dans un document d’une telle ampleur l’absence des financements à la hauteur des objectifs concrets qui devraient y être inscrits en ruine les intentions.
Priorité au maintien à domicile, à l’ambulatoire, à la télémédecine, etc. ; c’est la logique comptable qui dicte la loi de la rigueur et de la réduction de la dépense en totale contradiction avec les constats énoncés et besoins repérés : manque de médecins, généralistes comme spécialistes, accès aux urgences dégradé, éloignement et difficultés d’interventions, besoin de plus de proximité, de temps et de disponibilité pour plus d’humanité dans les services, aberration de la sectorisation quand ce sont des secteurs urbains qui ont à souffrir désormais des mêmes carences que les secteurs ruraux en détresse.
La carence instituée en normalité
Les signaux d’alerte ne manquent pourtant pas depuis des mois et des années qui soulignent les besoins criants dans la prise en charge des problèmes de santé comme de la perte d’autonomie.
Les actions récurrentes depuis le début de cette année dans les EHPAD soulignent les manques de personnels, en nombre comme en qualification pour assurer une prise en charge digne et respectueuse de personnes âgées qui intègrent les EHPAD de plus en plus tard.
Notre revendication du 1 pour 1 est plus que jamais justifiée.
Parallèlement, l’aide à domicile est de plus en plus sollicitée, mais toujours plus en tension dans des structures difficilement en mesure de garantir des conditions de travail, de formation et de salaire satisfaisantes pour une professionnalisation conformes aux attentes des usagers comme aux besoins des salariés.
La nécessité de proximité et d’accessibilité aux soins formulée dans le document nous semble en complète contradiction avec la réalité, que ce soit en termes géographiques ou financiers.
En effet, le manque de médecins généralistes est criant, et pas seulement en zone rurale. Le système de « zonage » aboutit en effet à l’inverse de l’effet attendu !
Les dimanches, jours fériés, périodes de vacances et les nuits ne sont pas des moments favorables pour être malade ou en difficulté !
Les dépassements d’honoraires chez les spécialistes ou lors des interventions chirurgicales deviennent la règle.
La mise en tension de tout le système est prétexte à l’imposition de mesures qu’une présentation démagogique (on dit généralement « pédagogique ») fait passer pour remède miracle… jusqu’à la prochaine crise !

L’effacement de l’Allier.

Notre département désormais inscrit dans le GHT Allier-Puy-de-Dôme, nous n’avons plus aucune lisibilité départementale, dans l’ordre du constat comme dans celui des perspectives : le département de l’Allier disparait ! Et pourtant, quand bien même des problématiques communes sont repérables, notre département ne se confond en rien avec la situation puydômoise. Son espace tripolaire, sa population vieillissante sans compensation en zones dynamiques, ses nombreuses zones rurales isolées, son taux de précarité important, ses pathologies nombreuses… Les spécificités de l’Allier par rapport à d’autres départements de la grande région, sont complètement écartées ! Déjà bien loin de Clermont-Ferrand et des considérations petites-régionales, l’Allier disparait désormais des cadrans de Lyon et des préoccupations de la « grande » région qui ne situent plus notre département qu’au rang d’une marge auvergnate. C’est un peu comme si on avait cassé le thermomètre du côté de l’Allier pour ne plus avoir à s’inquiéter de la fièvre qui la ronge.
Nous ne pouvons donc pas souscrire à ce tableau lisse et presque idyllique qui nous est soumis, pas plus qu’à une démarche visant à nous abuser en négligeant les causes profondes des problèmes (détériorations des conditions de vie et désengagement de la puissance publique dans ses orientations budgétaires) pour n’afficher que des intentions corrigeant à la marge et à minima les plus visibles des carences.

Lexique :
CODERPA : ancien Comité Départemental des Retraités et Personnes Agées, absorbé dans un machin plus grand qui est la CDCA.
GHT : Groupement Hospitalier de Territoire.


Documents joints

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