Madame, Monsieur le maire,

Comme vous le savez sans doute, la carte scolaire prévue pour la rentrée de septembre 2026 repose sur le retrait, au niveau départemental, de 9 postes dans les écoles, et comporte 22 fermetures de classes. Deux faits nouveaux et graves sont à signaler. D’une part, les fermetures de classes dans des écoles urbaines – 4 sur Moulins-Yzeure, 3 à Vichy, 3 sur Montluçon-Désertines-, et d’autre part, les fermetures d’écoles, avec disparition des Réseaux Pédagogiques Intercommunaux correspondant, à Mazirat et La Petite Marche et Le Vilhain, ainsi qu’à Venas et Louroux-Hodement, sans oublier les « moyens provisoires » placés l’an dernier pour faire passer des fermetures, mais non renouvelés cette année, à Chappes et Valigny : 7 fermetures d’école qui ne disent pas leur nom !

D’ailleurs, nos autorités académiques ne parlent pas de « moyens provisoires », mais de « moyens provisoires pour un an pour que les gens réfléchissent » !

Au total ce sont donc aussi bien les écoles urbaines que la ruralité qui sont affaiblies.

Recevant les parlementaires du département vendredi 17 avril, M. le Préfet et Md. la Dasen ont confirmé qu’il s’agit de choix politiques et pas seulement budgétaires : même avec 9 postes en moins, dont nous demandons le rétablissement, il aurait en effet été possible de ne pas fermer de classes, et de faire plus que les trois seules ouvertures de classes, en ne créant pas « sur les moyens du bord » des postes de supervision administrative et pédagogique. Préfet et Dasen affirment une orientation politique hors sol : il faut « regrouper », ça fera du bien aux élèves, aux personnels, aux communes et aux gens, même s’ils ne s’en rendent pas compte !

La démographie est un alibi : il faudrait maintenant « anticiper » le recul à l’avance, en fermant classes et écoles dès maintenant en vue de l’horizon … 2035 ! N’y a-t-il pas là une orientation politique envers nos territoires qui les condamne par avance en dépit de leurs atouts, en ne faisant pas jouer son rôle au service public ?

Ces problème de fond ont eu pour conséquence que pour ce qui concerne la forme, la carte scolaire 2026 a battu tous les records d’absence de concertation … de ce siècle !

Du côté des élus, opacité et non-réponses, et pour finir affirmation de Md. la Dasen dans La Montagne du 11 avril qu’il n’y a pas à travailler la carte scolaire avec l’Association des Maires. Du côté des syndicats représentatifs, pas de groupes de travail, une rétention d’informations et des annulations de fermetures suivies de leur rétablissement, donc du jamais vu. Du côté des instances, un calendrier aberrant et non réglementaire qui prévoyait la tenue d’un CDEN avant les instances propres à l’Education nationale. Du côté des médias, l’affirmation tranquille que tout s’est passé et se passe pour le mieux …

De plus, sans nos interventions en ce sens, les collèges et les Segpa disparaitraient de toute discussion au niveau départemental, alors qu’ils y ont leur place.

Néanmoins, les nombreuses mobilisations et jusqu’à deux rassemblements en pleine vacances de printemps ont une fois de plus montré et la vitalité réelle de nos territoires et l’attachement des communes et des quartiers à leurs écoles publiques. Cette rentrée d’avril sera marquée par plusieurs actions dans les écoles. C’est pourquoi nous vous communiquons l’invitation du Comité départemental de défense des écoles publiques à une assemblée générale des défenseurs du service public, ce mercredi 22 avril à 14h à Tronget (salle des fêtes). Nous ne renonçons pas et discuterons de la suite des actions à mener, notamment pour la reconvocation des instances concernées.

S’il ne vous est pas possible de venir ou d’être représentés, vous pouvez nous faire parvenir informations et points de vue à fsu03@fsu.fr

Dans l’attente de votre retour, nous vous prions de croire en notre engagement pour le service public d’éducation.

Le Bureau départemental FSU Allier,

PS : cette réunion 22 avril était programmée lorsqu’a été annoncée la tenue d’un « conseil des ministres décentralisés » dans l’Allier avec un probable déplacement du Président de la République à Echassières. C’est une raison de plus de la maintenir et d’y participer : la démocratie c’est la discussion entre citoyens et personnes concernées, avant tout !