Le concert annuel de l’Harmonie commentryenne fut un grand succès populaire. Il l’est chaque fois, mais cette année plus encore, pour deux raisons.
Issue de la fanfare de la Forge l’Harmonie commentryenne ne pouvait qu’exprimer la dignité blessée et la fierté ouvrière confrontée à la volonté patronale de fermer Erasteel (l’ancienne Forge) en licenciant 190 ouvriers et ouvrières.
Et des responsables de l’Education nationale – IEN et Dasen- se sont opposés à ce que les enfants préparent cette chanson (chaque année les écoles participent au concert), au nom de la « neutralité » (!?) et même de la « laïcité » (??!!), puis ont rétropédalé en termes confus, deux écoles pouvant préparer finalement les enfants, mais ont alors enjoint à la direction du collège d’empêcher la chorale du collège de s’y associer …
Ces péripéties ubuesques, indignes du service public, indignes des travailleurs et de la population blessée par les licenciements, ont eu un seul et unique bon côté involontaire, mais pas le moindre : Bernard Lavilliers est venu !
Il est venu, sans rien demander, en ouvrier fier que l’on utilise le vieil outil qu’il a façonné, « les Mains d’or », et il a rendu hommage aux enfants, aux choristes, aux ouvriers, à la population, simplement. Merci à lui.
La place des responsables du service public de l’éducation aurait été là, dans ce moment digne, convivial, empathique, festif et républicain. Syndicalistes, nous y étions, jusque avec la chorale, aux cotés des forgerons, sans ostentation et dans le cadre artistique, pédagogique et solidaire de ce grand moment de dignité plus haute que tous les affronts petits et grands. Merci aux organisatrices et organisateurs.

ALLIER