Depuis le début de la crise sanitaire, des audioconférences se tiennent régulièrement dans l’Allier avec la préfecture, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et d’autres institutions, avec les organisations syndicales de salariés.

A l’occasion de l’audioconférence de ce vendredi 29 mai, j’ai demandé explicitement à M. Dolé, directeur de l’ARS pour l’Allier, s’il considère que l’on peut affirmer qu’il n’y a pas d’éléments de rebond épidémiologique dans notre département, compte-tenu des dépistages positifs au Covid sur l’hôpital de Vichy, au centre d’hébergement de Varennes, et des craintes ayant conduit à la fermeture du collège Saint-Exupéry de Varennes ce vendredi, et au dépistage de ses personnels (qui aura lieu demain samedi) et des élèves (lundi). La FSU est intervenue au CHSCTA sur ce sujet aussi.

Sa réponse a été affirmative : il n’y a pas selon l’ARS de rebond épidémiologique dans l’Allier. Concernant le collège de Varennes, j’ai aussi exprimé le regret que, malgré les fréquentes réunions (justifiées) du CHSCTD en plénière et en groupes de travail hebdomadaires, et le point hebdomadaire entre la DSDEN et l’ensemble des syndicats, les représentants du personnel n’aient pas été informés (en tout cas pas avant la presse) de la situation au collège, alors même que des rumeurs circulaient.

ll va de soi que la réouverture du collège est subordonnée à la certitude de l’absence de contaminations  et à sa désinfection, et que les personnels de tous statuts peuvent exercer leur droit de retrait s’il y a un doute. Comme syndicat, nous suivons la situation et, avec les autres représentants au CHSCTD, nous allons demander que les personnels et élèves du lycée de Varennes soient également testés avant sa réouverture.

D’une façon générale, il est clair que la situation nécessite de larges précautions et que nous avons évité bien des ennuis en évitant la reprise générale et massive initialement annoncée par le président de la République. Dès qu’il y a à tort ou à raison, suspicion, le “réflexe” institutionnel ne devrait pas être d’éviter toute rumeur en enjoignant de ne rien dire (ce qui a souvent l’effet inverse), mais de tester et de prendre les précautions nécessaires.

Notre ministre, franchement, ne nous aide pas. On attend encore, ce 29 mai après-midi, de savoir si la possibilité de mise en distanciel ou d’ASA (autorisation spéciale d’absence) pour garde d’enfants, est reconduite ou non et comment, à partir du 2 juin, et nous demandons la production d’attestations de non accueil des enfants les jours ou les protocoles d’écoles ou d’établissements ne le permettent pas, à l’attention des familles pour qu’elles puissent les transmettre à leurs employeurs : C’EST URGENT, c’est pour le 2 juin !

C’est donc le premier ministre qui a annoncé la suppression du Français du Bac en 1° – au profit du contrôle continu et non par un report à l’année prochaine comme cela aurait sans doute été préférable. On aura donc attendu que les lycées aient mis au point leurs plans de réouvertures … pour qu’ils les refassent.

Par contre, un certain “enthousiasme” dans l’appareil de l’Éducation nationale et de l’État se fait sentir à propos du “2S2C” (“Santé Sport Culture Civisme”) : des réunions de bassins pilotées par la préfecture semblent avoir eu lieu avec les élus, en tout cas avec ceux qui ont été investis avant hier soir. Soyons clairs : le 2S2C n’est pas une mesure sanitaire et n’a rien à voir avec la lutte contre l’épidémie. Cette idée de génie consiste pour l’heure à réinventer les TAP (les anciens “nouveaux rythmes”) mais cette fois-ci, attention, SUR LE TEMPS SCOLAIRE et donc A LA PLACE des enseignements. Sa prolongation dans le second degré mettrait en cause l’existence des disciplines que sont l’Éducation Physique et Sportive, les Enseignements artistique et la Musique. Pour commencer.

Nous préférerions infiniment que toute notre énergie soit mise à limiter les dégâts scolaires et pédagogiques cette année pour préparer une rentrée de septembre qui soit une rentrée SCOLAIRE et pas, comment dire, une “poursuite d’activités polyvalentes et périscolaires”.

A bon entendeurs …

Pour la FSU Allier, Vincent Présumey, vendredi 29 mai.