A notre demande, une délégation de la FSU 03 composée de Frédérick Paris (AESH), Juliette Grand (SNES-FSU) et Pierre-Matthieu Daviet (FSU-SNUIPP) a été reçue le 19 mai à la DSDEN par monsieur Libourel, secrétaire général et monsieur Izans, IEN Ecole inclusive.
Situation actuelle dans le département.
Il y a actuellement 439 AESH pour 747 élèves notifiés. Le nombre d’élèves notifiés est en augmentation continue au cours de l’année, alors que le nombre de postes d’AESH n’évolue pas. Actuellement 74 élèves notifiés n’ont pas d’accompagnement (85 en début d’année), soit 48 sur 462 dans le 1er degré, 26 sur 285 dans le second degré.
Le service de l’école inclusive assume le choix de « maintenir un accompagnement de qualité » correspondant à une moyenne de 9h environ par élève, quitte à avoir un certain nombre d’enfants notifiés non accompagnés, plutôt que de diminuer l’accompagnement des uns au bénéfice des autres et d’avoir un saupoudrage.
Pour nos interlocuteurs, il y a parfois des malentendus entre les familles, les enseignants et l’administration, car une notification ne signifie pas forcément qu’il y a un besoin d’accompagnement sur l’intégralité de la scolarité, il faut accompagner les enfants vers une autonomie et donc envisager une diminution progressive de l’accompagnement.Nous avons fait remonter la demande de la tenue de réunions de bassin ou de réunions des AESH à l’échelle du PIAL, ainsi que des besoins en formation, notamment sur les gestes de 1er secours.
Cette gestion de la pénurie n’est pas satisfaisante et nous avons rappelé qu’une augmentation de la dotation en équivalents temps plein (ETP) d’AESH est indispensable pour assurer un accompagnement de qualité pour tous les élèves qui en ont besoin. Avec un nombre d’enfants notifiés en augmentation et des moyens constants, il y a forcément eu une dégradation de l’accompagnement et des AESH qui ont vu leur service modifié au cours de cette année.
Nous avons fait remonter des témoignages d’AESH qui souffrent de ne pas pouvoir faire leur métier correctement car elles doivent accompagner plusieurs élèves, parfois sur des sites différents. Pour la FSU, l’État manque à ses obligations par le manque de moyens budgétés et on est encore loin d’une école vraiment inclusive.
Affectations rentrée 2025/2026
Les AESH ont dû faire leurs vœux sur l’application Colibris : nous avons fait remonter que cette démarche génère beaucoup d’inquiétudes car les choix proposés sont très larges.
Nos interlocuteurs ont voulu se montrer rassurants : les vœux sur Colibris ne sont pas décisifs et il est possible de les rectifier, en effet les affectations seront effectuées à l’échelle des PIAL et coordonnées par Mme Laigre. Les AESH sont invitée à faire connaître leur situation et leurs préférences à leur coordonnateur de PIAL. L’administration maintient son engagement à ne pas faire d’affectations au-delà de 20 km du domicile (sauf exception avec accord de l’intéressée) et à tenir compte des situations individuelles.
N’hésitez pas à faire connaître toute difficulté ou situation particulière à la FSU afin que nous puissions vous accompagner.
Mise en place des Pôles d’Appui à la Scolarité
Les PAS ont vocation à remplacer progressivement les PIAL selon une nouvelle logique : il s’agit d’un guichet unique réunissant services de l’éducation nationale et ressources médico-sociales, qui est amené à intervenir auprès de tous les élèves à besoins particuliers (pas seulement ceux qui relèvent du handicap) pour proposer des aménagements pédagogiques et éducatifs (réponse de 1er niveau). 7 PAS devaient être mis en place dans l’Allier à la rentrée prochaine (10 à terme). La DSDEN prévoit une montée en charge progressive pour des PAS opérationnels en janvier 2027.
Nos interlocuteurs nous assurent que la mise en place des PAS ne changera rien à la gestion des AESH. Actuellement la situation est bloquée car l’amendement de création des PAS a été rejeté à l’Assemblée Nationale.
La FSU s’oppose aux PAS qui sont un outil de gestion de la pénurie. Derrière l’affichage d’une meilleure coordination et d’une simplification des parcours, ces Pôles d’Appui à la Scolarité organisent un rapprochement du secteur médico-social et de l’Éducation nationale, qui cherche à masquer le nombre important de postes vacants (éducateurs, PsyEN, RASED…) dû à des investissements publics insuffisants. La logique portée semble donc davantage viser la régulation des flux et la limitation des notifications MDPH que l’amélioration réelle des réponses pédagogiques et éducatives sur le terrain.
- Formations
Nous avons fait remonter la demande de la tenue de réunions de bassin ou de réunions des AESH à l’échelle du PIAL, ainsi que des besoins en formation, notamment sur les gestes de 1er secours.
Pour la FSU, être AESH c’est un vrai métier, qui nécessite une formation initiale et continue de qualité. Réunions de bassins et formations sont une reconnaissance de la professionnalité de ces personnels indispensables au bon fonctionnement du service public d’éducation.
- Heures connexes
Nous avons demandé qu’il soit rappelé aux chefs d’établissements et directeur d’écoles que les heures connexes n’ont pas à être utilisées pour de l’accompagnement ou du temps de transport et que les AESH n’ont pas à justifier de l’utilisation de ces heures. Nos interlocuteurs nous ont assurés être vigilants sur le respect de ce droit.
ALLIER