La grève nationale appelée ce jour par les syndicats du second degré de la FSU, visait notamment, au moment où les dotations souvent en baisse et les menaces pour les postes arrivent dans les établissements, à permettre aux personnels des lycées (généraux, technologiques, professionnels, agricoles), de se réunir, de discuter, de s’organiser pour résister à une « réforme » qui, articulée avec Parcoursup, vise à faire reculer de manière fondamentale le droit aux études, aux qualifications, et à un avenir correct pour l’ensemble de la jeunesse.

Dans l’Allier, nous estimons que cet objectif a été atteint, les personnels des lycées Paul Constans et De Stael de Montluçon, Albert Londres de Cusset-Vichy, Saint-Pourçain, et Banville à Moulins, ayant commencé à se réunir de manière significative ce jour ou les jours précédents. C’est là un évènement important qui va avoir des suites : réunions publiques dirigées vers les parents d’élèves, votes des Conseils d’Administration contre les Dotations et/ou votes de motions de protestation.

Nous reproduisons ci-dessous le texte commun adopté après une large discussion au lycée Banville de Moulins et la photo de groupe des grévistes :

 

Les enseignants inquiets de la situation à venir au Lycée Banville se mobilisent dans l’intérêt des élèves. En effet, le nombre d’heures d’enseignement alloué par le Rectorat nous apparaît comme inacceptable pour les conduire dans la voie de la réussite et leur permettre un choix éclairé dans la poursuite des études post baccalauréat.

Le constat est alarmant : la rentrée 2019 verra une augmentation du nombre d’élèves que nous accueillerons. Face à cela que nous propose le Rectorat ? Moins de moyens ! Ce qui implique une diminution significative des heures d’enseignement, notamment en effectif réduit. Dans ce contexte, quelles solutions aurons-nous pour aider les élèves en difficulté ?

Les élèves devront choisir trois spécialités en fin de Seconde. En fin de Première, ils seront contraints d’en abandonner une. Après ce choix qui n’est en fait que renoncement, vos enfants auront-ils encore la liberté de choisir leur orientation ?

Des programmes conçus et adoptés sans aucune forme de débat contradictoire aboutissent à la fois à des contenus de plus en plus complexes, et un affaiblissement de savoirs fondamentaux. Comment mettre en œuvre un enseignement de qualité avec des moyens horaires réduits ? Les élèves en difficulté seront les premiers laissés au bord du chemin.

Cet avenir nous ne le souhaitons pas. Et vous, que voulez-vous pour vos enfants ?