COMMUNIQUE :
Le Comité départemental de défense des écoles publiques s’est réuni en présence des élus de 16 communes, du député de Moulins, des représentants de l’Association des Maires de France et de l’Association des Maires Ruraux, des DDEN, des fédérations syndicales FSU, CGT SUD, UNSA de l’enseignement.
Au moment même où le discours présidentiel descendait sur l’Allier, nous avons décidé de faire entendre la voix, les propositions et les arguments de celles et de ceux d’en bas qui vivent, travaillent et existent dans notre département : les cartes scolaires inacceptables et indiscutables, nous n’en voulons plus !
Le Comité départemental, avec le soutien des associations et syndicats participants, va demander une rencontre avec le ministre et la reconvocation du CDEN (Conseil Départemental de l’Education Nationale).
Il appelle à une journée départementale de défense des écoles, collèges et lycées, le lundi 18 mai, avec les mairies et les citoyens, avec blocages des écoles le matin et rassemblement départemental à Moulins à 11h, où sera présentée notre Charte départementale de défense et d’amélioration du service public d’éducation.
RELEVE DE DECISIONS :
Le Comité s’est réuni ce jour, avec 31 participants, élus (maires ou représentants du conseil municipal) d’Ygrande, Chatillon, Saint-Martinien, Bessay, Saint-Menoux, Coulanges, Pierrefitte sur Loire, Buxières, Cesset, Meaulnes, Vitray, La Ferté-Hauterives, le député de Moulins Yannick Monnet, l’AMF et les Maires ruraux, la Fédération des élus socialistes et républicains, les DDEN, les syndicats FSU (SNUIPP et SNES), CGT, SUD (UNSA-Education excusée), des citoyens. En outre les élus de Villefranche-d’Allier et Le Vilhain s’étaient excusés. Excuses si oubli.
Cette réunion tombait en même temps que la visite présidentielle à Echassières : elle représentant en quelque sorte l’organisation démocratique et territoriale par en bas devant le verticalisme sans concertation qui a caractérisé la carte scolaire, sur laquelle nous avons fait le point.
Il a été décidé :
– d’appeler, avec l’engagement de l’AMF et de l’AMR et, pour les personnels, un préavis et un appel intersyndical à la grève, à une journée de défense des écoles et établissements scolaires publics le lundi 18 mai.
– cette journée commencera par des blocages et occupations d’écoles que nous appelons à réaliser sur l’ensemble du territoire, et se poursuivra par un rassemblement à Moulins à 11h, où sera présentée et discutée notre charte départementale pour le service public de l’éducation, présentant les mesures nécessaires pour le département, base de la poursuite de notre combat, et pour finir … nous casserons la croûte !
– de réunir une majorité de représentants des personnels, des parents, des élus, pour imposer une reconvocation du CDEN,
– de demander un rendez-vous au ministère et de faire connaître, diffuser et afficher les propos du ministre contredisant toute la politique officielle suivie (lien et copie ci-dessous, appréciez !).
– et d’envoyer dès aujourd’hui un communiqué à la presse (ci-dessus).
Les délicieux propos du ministre E. Geffrey à la Dépêche de Toulouse :
« S’il ne faut pas faire de la question des effectifs l’alpha et l’oméga de la réussite scolaire, il faut bien sûr profiter de l’opportunité démographique pour baisser le nombre d’élèves par classe. (…)
Il faudrait qu’on arrive à se rapprocher progressivement de la moyenne de nos pays voisins au cours des prochaines années, autour de 19 élèves par classe. Mais une moyenne ne dit pas tout, car il y a des endroits où on a 8 ou 9 élèves par classe, et d’autres classes à 25, 26, voire parfois 27 élèves. La priorité est donc à la fois de limiter autant que possible les fermetures de classes, et de mettre des effectifs là où nous avons encore des classes très chargées. (…)
D’abord, on ne ferme pas d’école sans l’accord du maire [Vous avez bien lu !] C’est un engagement réaffirmé. Deuxième chose, il est évident que ça n’a pas le même effet de fermer une classe à Paris et de fermer une classe dans un petit village rural parce que d’un côté, j’ai une offre scolaire très dense, et de l’autre non. Le troisième élément, qui est le plus important à mes yeux, c’est qu’il nous faut renouer avec l’idée que l’école est un élément d’aménagement du territoire.
(…) Ce que je souhaite, c’est que nous inversions la logique, pour partir des besoins, de ce que devrait être l’implantation scolaire sur le terrain, pour en déduire après les moyens nécessaires. C’est une vraie révolution. Nous allons sélectionner une quinzaine de départements, à titre expérimental, pour que les acteurs locaux construisent ensemble leur carte scolaire au regard des effectifs et des contraintes de transport, notamment.
(…) Nous devons maintenir l’accessibilité de l’école publique pour tous. C’est précisément pour cette raison que nous devons prendre l’engagement de ne pas être dans une logique purement mathématique sur le maillage territorial. Le sujet, c’est de continuer à faire vivre le contrat social qui existe dans notre pays, selon lequel l’École est un service public de proximité. Si telle école est un élément vital de son territoire, ça implique de la laisser ouverte, même si elle a peu d’élèves. »
ALLIER