Une centaine de personnes rassemblées devant le LEM (lycée De Staël) à Montluçon, dès 8 h., 77% de grévistes et 100% de la Vie scolaire. Nouveau rassemblement ce soir à 18h devant l’Internat.

Une cinquantaine de participants à chacun des rassemblements de Contigny et de Monétay où les écoles étaient bloquées.


Une cinquantaine de participants à Ygrande et Buxières rejoints par FR3 Auvergne et qui se sont rendus à l’Inspection d’académie pour 11h.

Pendant ce temps, école bloquée à Chatillon, rassemblement à Couleuvre, rassemblement devant l’école Edith Busseron à Commentry avec intervention du maire, rassemblement à Saint-Martinien et Quinssaines … et sans doute d’autres (manifestez vous !). Plusieurs centaines en tout.
Commentry. Couleuvre.


Oui, ce fut un mouvement départemental, et les délégations d’Ygrande, Contigny, Monétay, du lycée De Staël, du lycée Banville, de Saint-Martinien et Quinssaines, le député de Moulins Yannick Monnet, plusieurs élus en écharpes tricolores et pas forcément de communes « directement » concernées par des fermetures (par ex. Bessay-sur-Allier), la FSU (SNES et SNUIPP), l’Union départementale CGT et l’union locale de Moulins, RESF, se sont retrouvés devant l’Inspection d’Académie à 11h.
Ce rassemblement d’environ 70 participants s’ajoutait à la dizaine de rassemblements locaux. Le projet de Charte départementale de défense de l’école publique a été lu et a commencé à être discuté.
Nous pouvons être fiers d’avoir menée à bien cette journée, à une date tardive et malgré les ponts, sachant qu’un coup de frein évident a été mené parmi certains élus de la droite et du centre départementaux, que nous retrouverons avec plaisir dès que possible à nos côtés pour défendre les communes et les services publics : ils y ont leur place !
Le regroupement des représentants pour obtenir la reconvocation du CDEN se poursuit. Un RDV a été demandé au ministre (député de Moulins, Maires ruraux, Comité de défense de l’école publique) qui a répondu … qu’il allait répondre ! La nouvelle DASEN, Md. Christine Lauer, prend ses fonctions le 26 mai prochain : la FSU va immédiatement demander à la rencontrer.
Nous sommes des acharnés, parce qu’avec la population nous savons ce que nous voulons. Ci-dessous : le projet de Charte du Comité départemental de défense de l’école publique :
Charte départementale pour la défense et l’amélioration de l’école publique (brouillon à compléter et amender).
Dans l’Allier, le Comité départemental de défense de l’école publique a matérialisé ces dernières années la mobilisation mais aussi la réflexion commune aux élus locaux, aux amis de l’école publique, aux parents d’élèves et aux personnels de l’enseignement public et leurs syndicats.
Cette réflexion autonome est une réalité, elle a été le thème de l’assemblée départementale tenue à l’école d’Autry-Issards le 11 octobre dernier, et elle répond point par point, non pas seulement par des revendications s’opposant aux suppressions actuelles, mais par des propositions et des perspectives positives, aux orientations et discours officiels.
Nous avons en effet « au-dessus » de nous des représentants de l’Etat – ministère, rectorat, préfecture, DSDEN- dont le discours et les actes reposent sur trois piliers :
- La nécessité de diminuer les dépenses budgétaires allouées aux services publics, ne prenant ainsi pas en compte, ou très insuffisamment, le fait que ces dépenses sont des investissements, tout particulièrement en ce qui concerne les enfants et la jeunesse.
- Un dogmatisme « pédagogique », préconisé de manière surprenante par M. le Préfet, selon lequel il serait néfaste aux enfants d’être dans de petites écoles, le salut venant des « pôles » à au moins 4-5 classes, par la concentration des RPI et le regroupement autour des collèges. Ce discours dogmatique, lourd de conséquences en termes d’aménagement du territoire, prétend en même temps que l’école ne serait pas un facteur d’aménagement du territoire !
- L’autosatisfaction affichée d’être et d’avoir été irréprochables en matière de concertation, de démocratie et d’information, alors que les populations concernées par les fermetures, les élus locaux et les syndicats sont unanimes à constater leur inexistence, le record ayant été battu cette année !
A ces éléments de langage officiels s’ajoute bien entendu la référence à la démographie. Or, le fait décisif actuel en matière de démographie n’est pas que la population de l’Allier est vieillissante, ce qui n’est pas nouveau, mais que la natalité est en baisse à l’échelle nationale aussi bien dans les métropoles que dans les territoires ruraux. L’argument démographique est saisi par l’appareil d’Etat comme le motif de fermetures actuelles censées nous préparer à la situation de 2035 …
La baisse démographique ne devrait pas être le prétexte à des réductions de moyens mais à un redéploiement de ceux-ci permettant d’avoir des classes, à l’école, au collège, au lycée, à la fois allégées et mixtes, diversifiées et hétérogènes dans leur composition : de petites classes diverses, c’est cela l’intérêt des enfants, notamment d’ailleurs des enfants à besoins particuliers.
Dans le cas de l’Allier, les fermetures de classes accumulées depuis plusieurs années n’ont pas été une réponse à la baisse démographique mais un facteur de celle-ci, contribuant à décourager les familles à s’installer ou à rester. Cela signifie qu’à l’inverse, un choix politique de l’Etat visant à la préservation et à l’amélioration du service public serait un facteur d’installations ou de retours de familles et de flux migratoires positifs.
Les besoins en remplacement, une baisse sérieuse des effectifs par classes et par divisions en collège, l’extension des Réseaux d’Education Prioritaire conformément aux réels indices de position sociale, nécessitent non pas moins de moyens, mais plus.
Mais les choix fait dans la répartition des moyens doivent également être revus. C’est ainsi que cette année, les 22 fermetures de classes décidées correspondent non seulement à 9 retraits de postes sur le budget, mais à un prélèvement de moyens pour procéder à la création de postes dédiés aux « Pôle d’Appui à la Scolarité » – récemment repoussés par l’Assemblée Nationale – et de conseillers pédagogiques.
Les besoins réels, concernant le handicap et la grande difficulté scolaire, sont des besoins d’AESH qui doivent acquérir un véritable statut et de meilleurs salaires car c’est un vrai métier, des besoins de professeurs, des besoins reconstituant les Réseaux d’aide, plutôt que des fonctions centralisées, voire bureaucratiques.
Le type d’école dont nous avons besoin n’est en rien passéiste, il prend en compte les besoins actuels des enfants et des jeunes, parmi lesquels les facteurs de difficultés se sont multipliés ces dernières années. En résumé, il faut des petites écoles communales et de quartiers et des collèges de taille moyenne, le tout articulé à des réseaux.
Les discours préfectoraux et académiques reposent sur la conviction, souvent dépréciative envers nos territoires, que les petites écoles sont des lieux d’isolement et de replis. Ces discours sont en réalité passéistes car ils ignorent l’élément complémentaire des écoles communales, des écoles de quartiers et des collèges de taille moyenne, à savoir les réseaux, relevant à la fois, directement, du service public, et de la société civile.
Réseaux pédagogiques, réseaux d’aide, réseaux informatiques, réseaux du transport scolaire, réseaux de l’école inclusive, réseaux sanitaires et de la petite enfance, réseaux culturels, réseaux associatifs laïques, réseaux sportifs – le sport scolaire est un exemple de coopération entre secteur public, tissu social et bénévolat-, réseaux culturels, festifs et du spectacle vivant, réseaux de lecture publique, réseaux coopératifs : le monde réel des communes et des quartiers est riche d’atouts qui doivent constituer le second pilier étayant le service public de l’éducation, avec les écoles et établissements.
C’est là tout un domaine, celui de l’ouverture véritable sur la base des besoins publics, qui est tout simplement ignoré dans l’orientation officielle suivie depuis des années. Un domaine l’a illustré dans les faits dans notre département, qui constitue justement un point de critique toujours lancé d’en haut, depuis des années, envers nos territoires : les RPI.
Car en effet, dans l’Allier la plupart des Regroupements Pédagogiques Intercommunaux (RPI) ont été, par les habitants et les communes, gérés comme des Réseaux Pédagogiques Intercommunaux (RPI) : ce n’est pas sans raisons et ce fut très bien ainsi !
Le dogme officiel sur les pôles conduit au regroupement systématique, sans se soucier d’ailleurs des coûts qu’ils induisent en matière de transports scolaires et de gestion de la vie des foyers, et avec des conséquences en termes d’aménagement du territoire systématiquement centralisatrices.
Toute la pratique, toute l’expérience, toute la culture de la répartition des enfants sur un RPI en réseaux sont ainsi niées.
Il n’y a là, faut-il le préciser, aucun dogmatisme : des regroupements sont concevables, mais ils doivent partir des besoins et de la pratique réelle.
Caractéristique du fonctionnement vertical des décisions est, par exemple, l’annonce de la fermeture à Ygrande pour opérer un regroupement à Buxières, voué à échouer car sa suite logique, en termes d’aménagement du territoire, sera le regroupement accentué vers Bourbon et l’extinction programmé de l’école publique à Buxières !
Une procédure démocratique et pluri-annuelle est nécessaire, ceci est reconnu depuis longtemps. Mais ceci ne se fait pas, car les politiques publiques successives reposent sur des réductions de moyens érigés en principe et des théories pédagogiques dogmatiques leur servant d’alibis. Le CDEN reste un lieu d’expression, mais plutôt comme confrontation, et l’Observatoire des dynamiques de la ruralité demeure formel.
Le Comité départemental de défense de l’école publique démontre par son existence la réalité et la capacité d’une concertation entre les différents acteurs de terrain. Il ne prétend à aucune reconnaissance institutionnelle mais il entend bien, par cette charte, faire entendre le fait que le terrain pense, parle et agit, et que rien ne pourra, à terme, se faire sans lui et encore moins contre lui – à moins de vider totalement bocages et communes et de déciviliser les villes !
ALLIER